La sérigraphie (du latin sericum la soie et du grec graphein l'écriture) est une technique d'imprimerie pouvant s'appliquer à différents supports. Elle fut élaborée par les Japonais pour imprimer les blasons sur les kimonos.
La technique consiste à faire passer une encre au travers d'un écran (sorte de pochoir). L'encre se dépose ainsi sur le support en reproduisant les formes ouvertes de l'écran. L'écran est la forme imprimante du procédé d'impression sérigraphique. Il est constitué d'un tissu tendu et fixé sur un cadre. Le tissu vierge est uniformément poreux et doit être préparé pour que l'impression d'un motif soit possible, c'est le clichage. Le tissu vierge est dans un premier temps entièrement bouché avec une émulsion photosensible (enduction). Une fois sèche, l'émulsion photosensible durcit lorsqu'elle est exposée à un rayonnement ultraviolet, c'est l'insolation.
Principe élémentaire : l'émulsion exposée aux ultraviolets durcit, elle bouche le tissu et l'encre ne passe pas.
L'émulsion protégée des ultraviolets ne durcit pas, on l'enlève avec de l'eau, elle ne bouche pas le tissu et l'encre passe.
Les couleurs du motifs à imprimer sont donc séparées sur des films transparents et représentées en noir opaque (qui bloque les rayons ultraviolets). Il y a un film distinct pour chaque couleur du motif à reproduire. Ce film est positionné sur l'écran enduit durant l'insolation et permet de bloquer les rayons ultraviolets là où on souhaite que l'encre puisse traverser les mailles du tissu. Lorsque l'insolation est terminée, l'écran est rincé avec de l'eau. L'émulsion non durcie est chassée du tissu, c'est le dépouillement. Après retouche et correction des éventuels petits défauts, l'écran est prêt pour le tirage.
Le textile est une matière souple, il n'est par conséquent pas possible d'imprimer la première couleur, de retirer le textile, de sécher l'encre puis de repositionner le textile au même endroit sans déformation pour imprimer la couleur suivante. Dans le domaine textile, le sérigraphe est obligé d'imprimer toutes les couleurs en une seule fois, c'est-à-dire sans déplacer le support à imprimer. On utilise alors un carrousel sur lequel on fixe tous les écrans. Le textile étant souvent un tee-shirt, il est enfilé sur une jeannette (gabarit en bois qui représente un buste plat) sur laquelle on a préalablement vaporisé de la colle. Le sérigraphe peut réutiliser un écran pour un autre travail. À l'aide de produits chimiques le sérigraphe ramollit l'émulsion qui résistait à l'eau et la chasse du tissu avec un nettoyeur haute pression. Lorsque l'écran est propre, il peut être réutilisé pour un autre travail. Lorsque que des petites traces d'encre ou d'émulsion subsistent dans le tissu après le dégravage, on parle d'une image fantôme. Si on effectue un travail en utilisant un écran qui a une image fantôme, on s'expose à la réminiscence de l'ancien motif dans le nouveau motif imprimé ! Donc, lorsque le sérigraphe constate une image fantôme, il réalise un traitement spécifique pour l'éliminer.